De 45 % à 68 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont considérées à risque élevé de chute. Ce taux est préoccupant peu importe avec qui l’on habite, mais vivre seul change une chose bien précise : après une chute, il n’y a personne sur place pour appeler à l’aide. Ce à quoi il faut se préparer, ce n’est donc pas seulement « comment éviter de tomber », mais « en combien de temps l’aide arrivera-t-elle si je tombe ».
Installez un moyen d’appeler à l’aide
Un appareil d’alerte médicale porté au cou ou au poignet vous met en communication avec une centrale d’intervention ouverte jour et nuit dès que vous appuyez sur le bouton. Les modèles plus récents mesurent aussi la direction et la vitesse du mouvement pour détecter automatiquement une chute, si bien qu’une alerte part même si vous êtes étourdi ou confus ensuite et que vous n’appuyez sur rien. Ce n’est pas parfait — s’asseoir brusquement ou faire un mouvement soudain peut à l’occasion déclencher l’alerte — mais c’est bon à savoir plutôt qu’une raison de s’en passer.
Renseignez-vous sur les services de soutien près de chez vous
Selon l’endroit où vous habitez, votre municipalité, votre CLSC, un hôpital ou un organisme communautaire peuvent offrir des programmes qui installent des équipements de sécurité à domicile ou qui prennent des nouvelles des personnes vivant seules. Ce qui revient le plus souvent : les détecteurs de fumée et de gaz, les détecteurs de mouvement qui déclenchent une alerte après une longue période sans activité, et un bouton d’appel relié à une ligne d’intervention d’urgence. Un travailleur social de l’hôpital ou votre équipe soignante est en général le chemin le plus rapide pour savoir ce qui existe réellement près de chez vous, et si une partie est subventionnée.
Entendez-vous d’avance avec un voisin
Expliquez votre situation à un voisin en qui vous avez confiance ou au concierge de votre immeuble, et demandez-lui s’il pourrait prendre de vos nouvelles à une heure fixe chaque jour. Laisser une clé supplémentaire à un voisin ou à un proche fait qu’en cas de porte verrouillée et de silence de votre part, personne ne perd de temps à entrer. Même un court message texte ou un appel quotidien à heure fixe augmente beaucoup les chances qu’un problème soit remarqué rapidement.
Bâtissez votre journée autour de vos meilleures heures
Placez les rendez-vous importants et les tâches domestiques dans la portion de la journée où votre corps se sent le plus à l’aise. Évaluer à peu près combien de choses vous arrivez à faire dans une bonne journée et dans une journée difficile vous évite de vous bâtir un horaire épuisant. Régler des alarmes pour ne pas manquer une dose compte aussi — écrire vos heures de prise et afficher la liste à un endroit bien en vue fonctionne très bien quand personne n’est là pour vous le rappeler.
Gardez les choses en vue, et corrigez d’abord les endroits risqués
Donnez aux objets que vous utilisez souvent une place fixe et facile à atteindre, pour ne pas avoir à les chercher dans une mauvaise journée. Notre article sur comment rendre votre maison à l’épreuve des chutes fait le tour, pièce par pièce, des risques de chute à vérifier.
La solitude et le manque d’élan méritent aussi de l’attention

Vivre seul rend souvent plus lourds l’apathieUne perte de motivation, d’intérêt et d’élan, qui n’est pas la même chose que la tristesse et qui est fréquente dans la maladie de Parkinson.En savoir plus, la fatigue et le sentiment d’isolement social. Ce n’est pas une question de volonté — cela peut être un symptôme de la maladie de Parkinson elle-même. Comme l’explique notre article sur quand le moral descend, en parler à votre médecin, à un travailleur social ou à un intervenant et obtenir de l’aide vaut bien mieux que de le porter seul.
Prenez d’avance les décisions sur l’avenir
Il vaut la peine de désigner à l’avance quelqu’un qui pourra prendre les décisions médicales à votre place si votre santé décline au point que cela devient difficile pour vous. Les documents précis et les démarches entourant le mandat de protection et les directives anticipées font l’objet d’un article distinct.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Un moyen d’appeler à l’aide, un service de soutien dont vous vous êtes réellement informé et un voisin qui connaît votre situation — mettez ces trois choses en place d’abord, et une bonne part de l’anxiété de vivre seul s’allège. Si vous ne savez pas par où commencer, demandez à votre équipe soignante ou à un travailleur social de l’hôpital de vous orienter.
Cet article ne remplace pas un diagnostic ni un traitement médical. Si la préparation aux urgences vous inquiète, parlez-en à votre équipe soignante ou à un travailleur social de votre région.


