Marcher à deux ou en groupe, plutôt que seul, amène à porter plus attention à la longueur de ses pas et à son équilibre. Des travaux montrent que le rythme et les repères qu’apporte naturellement la compagnie aident véritablement la marche des personnes atteintes de la maladie de Parkinson : voici donc comment le faire en sécurité.

Pourquoi la compagnie aide
Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont tendance à faire des pas plus courts et à balancer moins les bras quand elles marchent seules. C’est parce que le circuit du cerveau qui génère de lui-même le rythme de la marche — les ganglions de la base — fonctionne moins bien. Avec quelqu’un à vos côtés, vous adoptez naturellement son allure et le son de ses pas, ce qui vient combler ce rythme manquant. La recherche montre bien que caler ses pas sur des bruits de pas ou sur un rythme augmente à la fois la vitesse de marche et la longueur des pas.
Ce que la personne qui vous accompagne peut faire en cas de blocage
Quand vos pieds se collent au sol en pleine marche — le blocage de la marche — la personne à côté de vous peut faire beaucoup.
- Compter un rythme. Compter à voix haute, « un, deux, un, deux », ou installer une cadence permet souvent de caler ses pieds sur ce rythme et de repartir.
- Pointer où poser le pied. Montrer un endroit précis au sol en disant « essaie de poser le pied ici » donne une cible à enjamber, ce qui aide à briser le blocage.
- Nommer un pied à la fois. Alterner « pied gauche, pied droit » à voix haute repose sur le même principe.
- Ne pas presser la personne. Pousser dans le dos ou tirer fort sur un bras risque plutôt de faire perdre l’équilibre. L’idée est de bâtir le rythme avec elle.
Comment marcher ensemble en sécurité
Quand vous accompagnez quelqu’un, mieux vaut rester un demi-pas derrière lui et du côté où se trouvent l’escalier ou le dénivelé. Annoncer les changements de direction à l’avance plutôt que de tourner brusquement réduit les chutes causées par des virages imprévus. Si la marche est très instable, une autre solution est que la personne qui vous accompagne tienne une ceinture de transfert portée à la taille pendant la marche — la même approche que dans Se retourner et sortir du lit, qui lui permet de vous stabiliser dès que votre centre de gravité vacille.
Ce qu’il faut vérifier avant de partir
Choisissez d’abord des parcours plats et bien éclairés, et un moment où votre médication agit de façon stable. Porter des chaussures dont la semelle n’accroche pas compte aussi ; le choix des chaussures est abordé dans Bien choisir ses chaussures. Prenez l’habitude de vous vérifier mutuellement, pour vous asseoir et vous reposer immédiatement en cas d’étourdissement ou de jambes qui faiblissent.
Les marches de groupe régulières aident aussi
Plus de 100 personnes atteintes de la maladie de Parkinson ayant participé à un programme de marche nordique au Royaume-Uni ont été suivies pendant cinq ans. Non seulement leur vitesse de marche, la longueur de leurs pas et leur équilibre se sont améliorés — elles ont aussi rapporté que leur peur de tomber elle-même avait diminué. Ce programme précis n’existe peut-être pas là où vous habitez, mais on sait qu’un groupe qui se réunit régulièrement pour marcher combine l’effet de la pratique répétée d’une marche rythmée avec des bienfaits secondaires comme les contacts sociaux et un meilleur sommeil. Si commencer seul vous intimide, demandez à votre équipe soignante ou à un organisme local sur la maladie de Parkinson s’il existe près de chez vous un groupe de marche pour les personnes atteintes.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Si vous avez l’habitude de marcher seul, essayez de dégager du temps cette semaine pour marcher avec un membre de votre famille ou un ami, ne serait-ce qu’une fois. Lui dire à l’avance qu’il suffit de compter un rythme en cas de blocage rend la situation réelle bien plus facile à gérer.
Cet article ne remplace pas un diagnostic ni un traitement médical. Si votre marche ou votre équilibre est nettement instable, parlez-en à un physiothérapeute.


