Les prestations de maladie de l’assurance-emploi ont été conçues pour la grippe qui a tourné en pneumonie, ou pour l’opération qui demande trois mois de convalescence. Elles versent un temps, puis vous retournez au travail.
La maladie de Parkinson ne fonctionne pas ainsi, et ce décalage est tout le problème. Vous pouvez quand même demander les 26 semaines — le critère, c’est d’être incapable de travailler pour des raisons médicales, et il ne demande pas si vous allez guérir. Mais demandez-les en sachant ce qu’elles sont : un pont, pas une destination. La chose la plus utile à faire pendant ces 26 semaines, c’est de faire décider ce qui vient après.
Cette page couvre les prestations de maladie de l’AE et les prestations pour proches aidants que les gens présument souvent pouvoir utiliser aussi. Pour la rente d’invalidité à l’autre bout du pont, voir les prestations d’invalidité fédérales du Canada.
Ce que versent réellement les prestations de maladie de l’AE
Le résumé de Service Canada lui-même : les prestations « peuvent vous procurer jusqu’à 26 semaines d’aide financière si vous ne pouvez pas travailler pour des raisons médicales. Vous pourriez recevoir 55 % de vos gains jusqu’à un maximum de 729 $ par semaine. »
| 2026 | |
|---|---|
| Nombre maximal de semaines | 26 |
| Taux | 55 % de la rémunération hebdomadaire assurable moyenne |
| Maximum hebdomadaire | 729 $ |
| Délai de carence | 1 semaine, non payée |
| Premier paiement | environ 28 jours après votre demande |
Le calcul utilise vos meilleures semaines — les semaines les mieux payées des 52 semaines précédant votre demande. Le nombre de meilleures semaines retenues dépend du taux de chômage de votre région, et il « pourrait varier entre 14 et 22 semaines ».
Ce détail compte plus qu’il n’y paraît dans le cas de la maladie de Parkinson. Si vous avez passé la dernière année à réduire graduellement vos heures, la règle des meilleures semaines joue en votre faveur : Service Canada retient vos semaines les plus fortes, pas votre moyenne. Par contre, il ne retient pas vos meilleures semaines d’il y a trois ans — la fenêtre est de 52 semaines, alors un long déclin lent réduit quand même ce que vous recevez.
Il existe aussi un supplément familial si « votre revenu familial net annuel est de 25 921 $ ou moins », que vous avez au moins un enfant de moins de 18 ans et que vous ou votre conjoint recevez l’Allocation canadienne pour enfants. Il s’ajoute automatiquement, et le total ne peut quand même pas dépasser 729 $ par semaine.
Qui y a droit
Trois conditions doivent être remplies, dans les mots de Service Canada :
- vous êtes incapable de travailler pour des raisons médicales
- votre rémunération hebdomadaire habituelle provenant du travail a diminué de plus de 40 % pendant au moins une semaine
- vous avez accumulé 600 heures d’emploi assurable au cours des 52 semaines précédant le début de votre demande ou depuis le début de votre dernière demande, selon la période la plus courte
Ce sont les 600 heures qui écartent discrètement bien des gens. Six cents heures, c’est environ quinze semaines à temps plein. Si la maladie de Parkinson vous avait déjà ramené à deux jours par semaine depuis un an, vous pourriez ne pas y arriver — et les heures doivent être assurables, ce que le travail autonome n’est généralement pas, à moins que vous vous soyez inscrit au programme de prestations spéciales de l’AE pour les travailleurs autonomes.
Une autre condition s’applique pendant que vous êtes payé : « vous devez demeurer par ailleurs disponible pour travailler, n’eût été votre état de santé ».
Quatre semaines : le délai dont personne ne parle
La consigne de Service Canada sur la page de demande tient en une ligne, en gras, et elle est facile à lire trop vite : « Présentez votre demande dès que possible après avoir cessé de travailler. Si vous présentez votre demande plus de 4 semaines après votre dernier jour de travail, vous pourriez perdre des prestations. »
Quatre semaines, c’est exactement la période pendant laquelle une personne qui vient d’être diagnostiquée attend un rendez-vous en spécialité, attend un certificat médical, ou attend de voir si un changement de médication rend le travail possible de nouveau. Ce sont trois bonnes raisons d’attendre, et les trois peuvent vous coûter des semaines de prestations.
Service Canada élimine lui-même l’excuse : « N’attendez pas d’avoir les documents pour présenter votre demande. Remplissez et soumettez votre demande en ligne tout de suite. Vous pouvez envoyer les documents requis après avoir présenté votre demande. »
Le certificat médical : plus de gens peuvent le signer que vous ne le pensez
Il vous faut un certificat « signé par le professionnel de la santé traitant » qui indique la date du début et la durée prévue de votre incapacité. Votre équipe soignante peut utiliser le formulaire de Service Canada ou son propre papier à en-tête, pourvu qu’il soit lisible, qu’il vous nomme, qu’il porte le sceau ou la signature du professionnel et qu’il indique la date de début et la durée prévue.
La liste de ceux qui peuvent le signer est plus longue que ce à quoi la plupart des gens s’attendent :
| Peuvent remplir et signer votre certificat |
|---|
| Médecin · infirmier praticien ou infirmière praticienne · infirmier autorisé ou infirmière autorisée (dans les régions isolées lorsqu’aucun médecin n’est disponible) |
| Chiropraticien · podiatre · optométriste · dentiste · sage-femme |
| Psychologue |
Ils doivent exercer au Canada ou aux États-Unis, et « la maladie ou la blessure qu’ils traitent doit relever de leur domaine d’expertise ». Pour la maladie de Parkinson, ça veut concrètement dire votre neurologue ou votre médecin de famille — mais si le délai ne tient qu’à l’obtention d’un rendez-vous, une infirmière praticienne de la même clinique pourrait pouvoir signer plus tôt.
Conservez le certificat pendant six ans. On pourrait ne pas vous le demander tout de suite, et vous le demander plus tard.
Où se situent les prestations de maladie dans la séquence

Presque personne ne devrait demander les prestations de maladie de l’AE en premier. Il y a un ordre, et sauter une étape coûte habituellement de l’argent plutôt que de faire gagner du temps.
C’est la troisième étape qu’on saute, et c’est la raison d’être de cette page. La maladie de Parkinson figure sur la liste des problèmes de santé graves de Service Canada, qui vise une décision en 30 jours plutôt qu’en 120 — les détails sont dans les prestations d’invalidité fédérales du Canada. Même ainsi, commencer la demande tôt fait la différence entre deux prestations qui se rejoignent et deux prestations qui se manquent d’une saison.
Une chose que les prestations d’invalidité du RPC ne feront pas, quand elles arriveront : « Les prestations d’invalidité du RPC ne couvrent pas les médicaments, les appareils médicaux ni les autres frais de santé. » Ce côté-là du grand livre est provincial, et il est couvert dans votre facture de médicaments dépend de votre province.
Après votre demande
Déclarations aux deux semaines. Vous devez produire une déclaration toutes les deux semaines tant que vous êtes payé, à l’aide de votre numéro d’assurance sociale et du code d’accès à quatre chiffres que Service Canada vous poste. Si vous travaillez ou gagnez quoi que ce soit, ça va dans la déclaration — sinon vous risquez un trop-payé à rembourser.
Voyages. « Vous n’êtes habituellement pas admissible aux prestations de maladie pendant que vous êtes à l’extérieur du Canada. » Il y a une exception si vous « recevez un traitement médical qui n’est pas facilement ou immédiatement disponible dans votre région de résidence ». Prévenez Service Canada à l’avance dans un cas comme dans l’autre.
Si votre situation change. Communiquez avec eux si vous vous rétablissez plus tôt que prévu ou si vous avez besoin de plus de temps d’arrêt que prévu. Pour une maladie évolutive, c’est le second cas qui est probable, et ça ne se fait pas automatiquement.
En cas de refus. Vous pouvez demander une révision, mais « vous devez présenter une demande de révision dans les 30 jours suivant la date où la décision vous a été communiquée ». Trente jours, c’est court. Notez-le à l’agenda le jour où la lettre arrive.
Les prestations pour proches aidants de l’AE ne couvrent généralement pas la maladie de Parkinson
C’est la section qui évite à un proche aidant une demande faite pour rien.
L’AE offre trois prestations pour proches aidants :
| Prestation | Pour | Nombre maximal de semaines |
|---|---|---|
| Prestations pour proches aidants d’enfants | un enfant de moins de 18 ans gravement malade ou blessé | jusqu’à 35 semaines |
| Prestations pour proches aidants d’adultes | une personne de 18 ans ou plus gravement malade ou blessée | jusqu’à 15 semaines |
| Prestations de compassion | une personne qui nécessite des soins de fin de vie | jusqu’à 26 semaines |
Celle pour adultes semble être la bonne. Lisez jusqu’au bout la définition que donne Service Canada d’une personne gravement malade ou blessée.
La maladie de Parkinson est une maladie chronique, et la progression — même rapide — n’est pas un nouvel événement aigu qui met la vie en danger. Un proche aidant qui prend un congé sans solde en comptant sur 15 semaines d’AE risque fort d’essuyer un refus.
Deux situations changent la réponse. Un nouvel événement aigu — une chute avec fracture grave, une pneumonie d’aspiration, une hospitalisation qui change l’état de base — peut satisfaire au critère, attesté par un médecin ou une infirmière praticienne. Et les prestations de compassion s’appliquent lorsque la personne « a une maladie grave comportant un risque important de décès dans les 26 semaines ».
Si les prestations pour proches aidants ne conviennent pas, le soutien qui convient habituellement se trouve du côté fiscal plutôt que du côté du revenu — le crédit fédéral pour la personne qui subvient aux besoins d’un membre de la famille ayant une déficience, et le transfert des montants inutilisés du crédit d’impôt pour personnes handicapées. Ils sont dans les crédits d’impôt qui viennent après le CIPH.
Une note pour le Québec
L’assurance-emploi est fédérale, alors les prestations de maladie de l’AE fonctionnent au Québec comme partout ailleurs — mêmes 26 semaines, mêmes 729 $, mêmes 600 heures. Ce qui diffère au Québec, c’est ce qui vient après : la rente d’invalidité relève du Régime de rentes du Québec, administré par Retraite Québec, et non du RPC. Voir vivre avec la maladie de Parkinson au Québec.
Si ça s’applique à vous
| Votre situation | Quoi faire |
|---|---|
| Vous venez d’arrêter de travailler et ne savez pas quoi demander | Renseignez-vous d’abord auprès de votre employeur sur le congé de maladie ou l’invalidité de courte durée, puis demandez les prestations de maladie de l’AE. Faire la demande ne vous empêche pas de réclamer les prestations de l’employeur |
| Vos symptômes varient — certaines semaines vous pourriez travailler | Le critère est une baisse de plus de 40 % de la rémunération hebdomadaire pendant au moins une semaine, en plus d’être incapable de travailler pour des raisons médicales. Faites la demande et laissez Service Canada décider plutôt que de vous exclure vous-même |
| Vous étiez déjà passé au temps partiel avant d’arrêter | Vérifiez vos heures assurables. Six cents heures en 52 semaines, c’est la barre, et une longue diminution graduelle peut vous placer en dessous |
| Vous êtes travailleur autonome | Le travail autonome ordinaire n’est pas assurable. Si vous vous êtes inscrit aux prestations spéciales de l’AE pour travailleurs autonomes, d’autres règles s’appliquent — communiquez avec Service Canada |
| Vous êtes aux prestations de maladie de l’AE et c’est la 12e semaine | Commencez la demande d’invalidité du RPC maintenant si ce n’est pas fait. Une décision ordinaire vise 120 jours |
| Votre certificat dit « 8 semaines » et vous n’allez pas mieux | Communiquez avec Service Canada avant qu’il n’expire et obtenez un certificat à jour. Les prestations ne se prolongent pas d’elles-mêmes |
| Vous êtes un proche aidant qui prévoit prendre un congé | Les prestations pour proches aidants de l’AE excluent généralement les maladies chroniques. Vérifiez si un événement aigu a changé l’état de base avant de compter dessus |
| Votre demande d’AE a été refusée | Demandez une révision dans les 30 jours suivant la communication de la décision |
Cette page n’est pas un avis médical, fiscal ou juridique et ne détermine pas vos droits. Les chiffres ont été vérifiés en août 2026 et sont ceux de l’année civile 2026; le montant hebdomadaire maximal de l’AE change chaque janvier. Validez votre propre situation auprès de Service Canada et de votre équipe soignante.
